Lumière Archange
Luce Wilquin
Lausanne, 1992
ISBN 2-88253-032-3
320 pages

Œuvre de couverture:
Monique Thomassettie,
"Lumière",
huile sur toile, 1990


Bouton
Retour à la
bibiographie







LA LUMIÈRE DE L'ARCHANGE



1999. Pierre Lhermitte, spécialiste français des maladies virales, prix Nobel de médecine pour le vaccin contre le sida, fondateur d'une confrérie de scientifiques, est victime du virus qu'il étudie, redoutable mutant surgi dans les forêts centrafricaines. Tenu en quarantaine dans son propre service, soutenu par ses amis du monde entier, il participe à la course de vitesse entre l'épidémie et la recherche, tout en prenant conscience d'un monde contemporain dont il s'était jusqu'alors abstrait et qu'ébranlent de profonds bouleversements sociaux ou géopolitiques, ainsi que l'avènement de mouvements millénaristes en cette dernière année du XXe siècle. Mais d'étranges modifications psychiques apparaissent chez les rescapés. Le développement de la vie serait-il à un carrefour ? Pierre Lhermitte sera entraîné simultanément dans une aventure exceptionnelle et dans une quête intérieure psychologique, métaphysique et spirituelle.
Un roman d'aventure, d'anticipation revisitée par la médecine, où s'inscrivent en filigrane toutes les interrogations de notre époque.


Finaliste du prix Victor Rossel 1992



EXTRAITS

L'empoignade fébrile entre le sommeil et le café provoque une cacophonie d'idées; des étincelles fusent, qui ont fait long feu avant qu'il ait pu s'en saisir. Il va se rafraîchir, le front contre la vitre; en contrebas, le calme revient après le branle-bas matinal. Les bouchons se dissolvent; à la radio, un dernier guidage prélude au sommaire des titres.
-Et voilà, une nouvelle journée, avec sa litanie de routines, ses points d'orgue de souffrance ou de bonheur... Quand tu penses qu'à sept mille kilomètres d'ici, se joue peut-être le destin de l'humanité...!
-Tu te souviens, Sri Maddhavari...?
Udaïpur; pour sa première communication dans un congrès, Marthe, morte de trac, avait exposé les traitements immuno-stimulants après transfusion lymphocytaire. Le lendemain de l'épreuve, Joseph Mandelbaum, Mehdi Razavi, Lhermitte et elle avaient affronté trois heures de cahots dans un bus archibondé pour visiter le temple jaïn de Ranakpur.
Impressionnés par la solennité du lieu, mais aussi par une étonnante simplicité qui semblait issue du foisonnement même des décorations, comme si ce foisonnement se faisait le reflet d'un ordre complexe, néanmoins serein, ils avaient senti une émotion très forte les empoigner, une sorte d'illumination, et ils avaient perdu conscience du temps, errant dans la forêt de piliers sculptés jusqu'au vertige, aux marbres desquels la lumière du jour, filtrée par des orifices invisibles, conférait des reflets de vieil ivoire. Assis en lotus, un prêtre, inlassablement, psalmodiait son mantra. Ils s'étaient installés près de lui, avaient rythmé leur souffle sur le sien...
Au retour, ils avaient attendu le bus en compagnie d'un paysan loqueteux, qui avait pris à leur côté la seule place disponible. Longtemps muets, ils s'étaient peu à peu extraits de leur fascination, cherchant à la prolonger par la parole; mais à chaque phrase, il leur semblait recouvrir un peu plus le trésor qu'ils voulaient exhumer, tant les mots venaient mal, et semblaient maladroits.
Lhermitte, signant le livre d'or du temple, avait noté que le dernier visiteur occidental remontait à plus de quinze jours. A trois heures de là, des touristes s'entassaient dans les hôtels, parcouraient au pas de course un palais sans intérêt, faisaient le plein de «souvenirs», et reprenaient leur avion ou leur car climatisé pour un parcours semblable à Jaïpur ou à Bombay. Il avait pensé tout haut que le sens de leur expérience n'était pas à chercher dans une différence qualitative entre eux et les autres congressistes qui s'étaient satisfaits du tour organisé. Ce sens résidait dans la décision d'aller à Ranakpur, après avoir découvert dans un guide l'existence de ce joyau à une distance raisonnable. D'autres avaient dû le lire, mais avaient manqué de curiosité, ou de courage. Si une différence qualitative s'était indéniablement créée, à partir de leur expérience commune, elle n'était pas issue d'une différence qualitative antérieure, mais bien de leur intuition, où se mêlaient leur désir de connaître un chef-d'œuvre de l'architecture sacrée, l'affection des trois hommes pour Marthe qui leur donnait envie de fêter l'issue brillante de son épreuve, et un certain bonheur, parce que le traitement qu'elle avait exposé apportait enfin l'espoir à des centaines de milliers de sidaïques.
Joseph avait surenchéri: cette conjonction entre l'existence du temple et l'intuition avait été source de leur émerveillement, qui avait, en lui-même, valeur inestimable. Dès lors, en prenant cet émerveillement comme clé de voûte, on pouvait dire que l'œuvre de générations d'architectes, de sculpteurs et d'artisans d'une part, le travail de fourmi que des générations de chercheurs avaient accompli dans leurs laboratoires de l'autre, voire le sida et son cortège de souffrances, convergeaient vers cet émerveillement, qui en devenait le but de toute éternité. Pas leur émerveillement à eux quatre, mais l'Emerveillement en lui-même, l'accès au merveilleux, dont ils avaient, aujourd'hui, été le substrat.
« Le point de convergence, c'était l'émerveillement et le sandwich ! »
Interloqués, ils s'étaient tournés vers le paysan en haillons qui souriait dans le vague, mélange de bienveillance et de dignité. Il avait hoché la tête et répété d'un ton insistant, comme s'il attachait un prix immense à leur compréhension: «l'émerveillement ET le sandwich, Sirs, que vous avez donné à la mendiante, c'est là le point de convergence».
Et il s'était abîmé dans sa méditation; ils avaient respecté son silence, envahis par l'impression qu'un voile s'était levé, le temps d'un regard trop bref pour leur laisser le temps de voir.
Le soir de la clôture, il y avait foule à la conférence organisée par George: Sri Maddhavari, penseur hindouiste célèbre jusqu'en Occident, où ses écrits étaient traduits en plusieurs langues, parlait des trois états de la conscience. Quelle n'avait pas été leur surprise en reconnaissant dans l'orateur le paysan loqueteux, et leur déception en le voyant disparaître sitôt après la conférence, déclinant leur invitation, comme s'il voulait les laisser seuls face à son étrange phrase.
Tard dans la nuit, ils en avaient discuté, rejetant les interprétations du genre «la foi sans les œuvres est une foi morte». C'est vrai que, sous le coup de leur émerveillement, ils n'avaient pas déjeuné, qu'ils avaient donné à une mendiante les sandwiches dont l'hôtel les avait munis. Cette aumône était bien fille de leur émerveillement. Mais ces spéculations philosophiques leur avaient paru étriquées; peu à peu, ils s'étaient sentis à l'unisson de l'univers, dont ils avaient perçu la profonde, et incommunicable, unité.
-Tu te souviens, Marthe, tu avais eu cette image, qui exprimait ce que nous avions vécu: tu t'étais sentie le maillon d'une chaîne; la présence simultanée de chaque maillon définissait la chaîne, et l'essence de la chaîne donnait son sens à chaque maillon... C'est vrai, nous sommes maillons d'une chaîne, et cette chaîne englobe la totalité de l'univers... ou plutôt, comment dire, les entrecroisements de cette chaîne dessinent la texture universelle, une texture dont les remaniements continus sont sans doute fixés de toute éternité, de par la forme même des maillons...
-Mais une simple texture, dont l'accomplissement donnera le grand-œuvre de l'univers. Cet accomplissement, lui, n'est pas pré-déterminé; il dépend de la façon dont chaque maillon occupe la place qui lui est impartie...
-Oui, pour ceux qui en sont conscients...!
Les titres de neuf heures n'apportent aucun élément neuf. Radio-Brazza reste muette, l'aéroport fermé, la liaison fluviale avec Kinshasa interrompue. Un événement se déroule, qui remanie la texture de l'univers. Eux jouent au mieux leur rôle de maillon, opposent à l'épidémie des barrages sans cesse réajustés. Ils sont pareils à des acteurs donnant vie par leur talent à une pièce dont l'issue est écrite; avec en filigrane ces deux questions sans réponse: qui est l'auteur, et que pense-t-il de mon jeu?
Et si la pièce, au contraire, s'improvisait, de réplique en réplique?

*
*   *

L'Alouette à peine posée sur l'esplanade de Bomassa, le responsable de l'équipe épidémiologique s'est précipité vers eux. Joop sur les talons, Lhermitte l'a suivi au pas de course jusqu'à la cahute de ciment où les malades suspects attendent leur évacuation. Une mama éléphantesque, étendue sur la coquille dans laquelle gisait son mari, s'y cramponnait de toute sa masse, hurlant, bourrant de coups de pieds les infirmiers congolais accrochés à son pagne, auxquels les masques à gaz faisaient des groins hallucinants. Il s'est frayé un passage à travers les volontaires sidérés, qui avançaient et reculaient au gré de la tourmente, s'est planté devant la malheureuse. D'une voix qu'il s'efforçait de tenir ferme, il a intimé l'ordre de la lâcher. Il s'est appuyé contre la coquille, a pris dans sa paume le menton de la femme, l'obligeant à lever les yeux. Elle a regardé longuement, ahurie, comme si elle voyait le ciel à travers son visage. Et tout à coup, la rage s'est muée en désespoir, les sanglots lui ont déchiré la poitrine, un déluge de larmes a ruissellé sur les joues, sur la paume qui continuait de lui soutenir le menton...
Après un temps qui a paru éternité, il a relevé la tête; les infirmiers ont emporté la femme qui n'a plus opposé de résistance. Quatre volontaires ont soulevé la coquille.
Au moment de sortir, il s'est retourné. La mama, recroquevillée sur un pagne, sanglotait doucement; toute force semblait l'avoir quittée. A côté d'elle, le chef de centre, gros homme au sourire fielleux, au corps aussi épais que le cerveau, a décoché à Lhermitte un regard hostile; et lui-même, croisant celui d'une jeune volontaire au bord des larmes, y a lu toute la détresse du monde. Il a voulu s'approcher d'elle, lui poser la main sur l'épaule, mais elle a frissonné, s'est blottie dans les bras de Marina, la secrétaire de Joop.
Et il s'est senti envahi par un flot de tristesse.
Il s'est assuré qu'on chargeait la coquille sans autre incident, puis ils sont remontés dans leur hélicoptère; le cœur serré, il a donné aussitôt le signal du départ, vers d'autres centres, d'autres tragédies. Aucun n'avait le cœur à parler. Engourdis par les vibrations de l'habitacle, ils se sont abîmés dans leurs réflexions.
Oui, ils jouent les gardiens de prison! Oui, leur action vise surtout à protéger le reste du monde! Oui, tous les habitants de la zone vont être frappés! Mais de toute façon, tous auraient succombé! Leur seule chance de survie est un dépistage précoce, un traitement avec les moyens modernes dont l'OMS a doté le lazaret!
Phalempin et ses amis ont beau jeu de contester! Ils ne proposent aucune alternative; leurs critiques portent sur des principes abstraits, ou la personnalité des responsables. Une fois de plus, l'exacerbation de l'Ego, ce vieux dragon avec lequel, depuis toujours, il se coltine!
Ce genre de combat ne l'intéresse plus!




Un roman tout à fait étonnant, qui ne ressemble à rien d'autre de connu, qui invente un genre nouveau, à mi-chemin entre la science-fiction et le roman fantastique, quelque chose comme la médecine-fiction, voire même la philosophie-fiction. Il y a aussi dans ses livres quelque chose de récurrent: l'omniprésence de l'Afrique.
Jean-Pol Hecq, RTBF-1 - émission "Rencontres"

Un roman étrange et inquiétant (…) Il y a chez G. A. un rêve humaniste de perfectionnement, de progrès. Utopiste, La Lumière de l'Archange est aussi volontariste; c'est la création d'un esprit complexe, idéaliste, spiritualiste, jusqu'à l'anéantissement, jusqu'à la résurrection. Nous allons entendre la réflexion d'un homme de notre temps, de cette fin de siècle, qui pense et qui écrit dans l'urgence (…) Un gros roman ambitieux où abondent les images, les rêves, les événements, les personnages, les raisonnements, les discussions… C'est à une lecture peu ordinaire que je vous invite, quelquefois âpre, mais stimulante pour l'esprit, et pas du tout décadente.
Anne-Marie La Fère - RTBF3 - émission "Écritures"

Une authentique ambition littéraire sur un sujet qui, pour appartenir au registre de la science-fiction, est cependant bien près de nous. Il parle d'une maladie décimant les populations, particulièrement en Afrique mais menaçant toute la planète, et contre laquelle luttent des chercheurs qui ne sont pas eux-mêmes à l'abru du bitovirus BVH. On ne peut s'empêcher d'établir le parallèle avec le sida, mais peu importe —Gérard Adam, médecin, sait cependant de quoi il parle et il doit donc être possible de trouver aussi un intérêt quasi scientifique à son roman. Même sans cela, «  La Lumière de l'Archange », qui a de la chair et de l'esprit à la manière d'un être humain, développe ses propres qualités de ton et de narration. On se laisse saisir par l'écriture, et le reste suit sans faiblir.
Gérard Adam avait déjà (…) prouvé qu'il était capable d'amener un lecteur à tenir compagnie à ses personnages. Il fait encore mieux ici en touchant à ce que l'humain a de plus caractéristique : la foi en l'avenir et la peur de la mort, qui transcendent tous deux le présent —que celui-ci soit situé dans un futur proche ne change rien à l'affaire.
Pierre Maury, Le Soir.

Les romanciers ont cet avantage sur les journalistes qu'ils peuvent anticiper sur l'air du temps et ne pas se contenter de rendre compte des signes avant-coureurs d'une mutation de nos sociétés. Gérard Adam (…) a choisi de nous amener en 1999. Et d'écrire le roman de la peur qui semble devoir présider à tous les changements de millénaire. Il faut dire qu'il trouve dans l'actualité des derniers mois, mais aussi dans son expérience de médecin militaire spécialisé en médecine des catastrophes et à ses années de coopérant au Zaïre, beaucoup de grain à moudre (…)
Un espoir, une idée-force à laquelle on peut se raccrocher: voilà ce que recherchent les personnages de ce livre qui n'est pas sans ràppeler les ambiances de ceux d'Umberto Eco. À l'instar de teurs contemporrains, ils cherchent refuge au sein de nouvelles sectes, mais aussi dans les religions traditionnelles qui n'ont cessé de se développer (…) On voit alors surgir, sous le couvert du roman d'anticipation, les questions essentielles sur ie sens de la vie. Autrement dit, Gérard Adam a réussi là le
plus difficile des cocktails: celui qui parvient à mêler agrément et réflexion.
Henri-Charles Dalhem, Coopération (Lausanne)

Dans le premier livre de Gérard Adam (…), la Lumière vacillait, encore timide, sous la forme d'un arbre clair, unique au milieu d'une ombre menaçante, peuplée d'arbres inquiétants: la Forêt. Dans « La Lumière de l'Archange », à la fois apprivoisée par l'Ombre et l'apprivoisant, elle éclate et se pare d'ailes: danse tournoyante du couple Ange-Dragon au-dessus d'un enfer terrestre (...)
Pierre Lhermitte, professeur de virologie dans un centre de recherches où règne un esprit convivial et monastique, est victime du virus qu'il étudiait... Une terrible épidémie, véritable fléau biblique, s'abat sur la planète. Ceux qui en guérissent sortent transformés de cette longue maladie : ils ont perdu toute forme d'angoisse, ancestrale ou personnelle; acquis de la sorte un certain détachement, une certaine sagesse. Tout comme Ghislain Desaive dans « l'Arbre Blanc », Pierre Lhermitte sort philosophe d'une épreuve. L'un et l'autre ne croient qu'en l'action humanitaire. Habités par un Néant asiatique, ils sont des Bouddhas actifs. Le roman débute par la souffrance du virologue, qui elle-même est déjà à la fin d'un long cheminement dans le tunnel de sa vie austère, éclairé fugitivement et douloureusement par l'image d'une mère jeune, celle de son enfance, absente à jamais, qui l'abandonna (...) Pierre s'est ainsi forgé une armure contre l'amour. Armure qui lui permettra, plus tard, d'affronter les douleurs de la maladie.
Aux Noir et Blanc du premier livre, une troisième couleur s'ajoute ici, ruisselle entre les lignes : le Rouge. Le rouge du feu du dragon, généreux comme énergie, quand il est dompté, maîtrisé —non éteint— par l'archange. Le rouge du sang, des incendies dévastateurs, de la folie des hommes. Le rouge de l'amour qui éclôt, timide, dans une "orchidée de pourpre " ornant la chevelure d'une femme inaccessible qui le fuira, devenant à son tour une image douloureuse mais lumineuse vers laquelle tendre(…)
Pierre Lhermitte se retrouvera dans la Forêt... Une forêt vidée de ses peurs, de ses ombres.
Le style est travail d'orfèvre. Mais un rythme cherchant « la musique avant toute chose » enveloppe les ciselures foisonnantes et colorées en lignes élégantes (…)
Monique Thomassettie, Kheiroon et Le Non-Dit

Un bien curieux roman, dense et captivant malgré quelques longueurs. Nous sommes en 1999. Le sida vient d'être vaincu grâce au vaccin d'un médecin français. Pierre Lhermitte. Mais un nouveau virus, le redoutable BHV. ravage à présent l'Afrique centrale. Lhermitte. qui a survécu à l' infection, mène la lutte avec une équipe in- ternationale. Etrangement, tous les rescapés de la maladie semblent délivres du sentiment d'angoisse. S'agit-il d'une mutation, et si oui, faut-il lui donner un sens ? En cette période de troubles politiques et d'inquiétudes millénaristes chacun tente d'apporter une réponse : naissance d'une nouvelle humanité libérée de ses vieux démons ou châtiment du péché universel. Car l'angoisse est-elle rédemptrice ou réductrice ? À travers l'aventure africaine, l'expérience de la solitude et de la souffrance, les violents soubresauts de la planète, cette question hante Lhermitte. Sa quête intérieure l'amènera finalement à conclure que «  seul compte l'accomplissement de chaque instant de la vie ».
À ce récit original, l'auteur imprime un saisissant accent de vérité que lui vaut son expérience de médecin militaire, ancien coopérant au Zaïre. A peine se sent-on transporté quelques années dans le futur tant il a su développer de façon crédible les possibles de notre monde actuel, avec son mélange de cynisme et d'élans spiritualistes, de haute technicité et d'impuissance à se contrôler soi-même. Toutefois, le livre de Gérard Adam ne se réduit pas à un simple exercice d'anticipation. aussi brillant et vraisemblable soit-il. On en retiendra tout autant la longue et douloureuse interrogation sur le devenir, le brassage des symboles et des mythes, le mouvement et la richesse de la phrase. Et d'une telle profusion —à condition d'y être sensible— j'aillira une lumière singulière, celle de notre double nature. ange et démon
Domique Crahay, Le carnet et les Instants.

Un écrivain de classe.
Le Ligueur.

Un long roman épique et baroque à souhait où la science-fiction se confronte à un débat d'idées en l'an 1999 (…)
Le style de Gérard Adam est ici tout entier voué à la formidable aventure humaine et de l'esprit qu'il conte à travers son personnage emblématique. Les interrogations de cette fin de siècle se bousculent et rivent le lecteur à l'intrigue dans une formidable langue baroque. Adam sait de quoi il parle et il en parle bien. Mais surtout la dimension de science-fiction donne au récit une profondeur quelqufois terrifiante. quelque fois chargée d'espoir. Le livre d'un écrivain que le débat d'idées n'effraye pas. ce qui est plutôt rare dans les temps qui courent.
Passionnant !
Daniel Simon, Le Généraliste.

En filigrane de cette lutte contre un mal qui ne laisse pas indifférent à notre époque marquée par la psychose du Sida, la réflexion fondamentale que l'auteur esquisse sur le sens de l'existcnce et de la liberté humaine me paraît essentielle. L'auteur, fidèle en cela à la pensée véhiculée dans son premier roman, fait la part belle à la fatalité: « Les convergences entre les gens dessinent
la trame d'une pièce où il est demandé à chacun d'assumer un rôle, écrit pour lui de toute éternité ».
L'œuvrc baigne dans le pessimisme et le talent consommé que Gérard Adam déploie pour ménager au lecteur quelques havres de bonheur ne suffit pas à le départir d'une impression de tristesse. L'humanité fait figure de train fou lancé dans le brouillard; l'accumulation des bonnes volontés ne peut la prémunir d'une issue tragique. Que l'on se souvienne des propos de Marguerite Yourcenar qui proclamait ne pas croire au bonheur dans la mesure où la souffrance et la mort ont toujours finalement raison de nous... Le combat serait-il d'autant plus beau qu'il est inutile?
Par ailleurs, si les conséquences de l'inoculation du virus, cet état « béatique » dû à l'absence de peur, procède de la fiction pure et simple, il n'en va pas de même de l'extension d u fanatisme religieux longuement décrit... L'attitude du « Paracletos » fait écho à bien des prises de position des défen- seurs d'un certain « ordre moral ». Dans les problèmes toujours plus complexes où se débattent nos sociétés, les intégristes ou fondamentalistes se veulent les détenteurs exclusifs de la volonté divine; ils n'hésitent pas dès lors à infantiliser leurs adeptes en leur niant toute autonomie critique... Parce qu'il cerne bien, en les grossissant un peu il est vrai, ce danger, l'ouvrage de G. Adam est riche en interpellations!
Henri Lagneaux, Indications.

Sur un sujet qui stimule son imagination, l'auteur nous entraîne dans une aventure étonnante sur laquelle se greffe une intéressante quête intérieure dont on n'émerge pas indemne.
Monique Verdussen, la Libre Belgique.

Gérard Adam ne craint pas de saisir à bras-le-corps des problèmes fondamentaux. Ce qui ne l'empêche pas, au contraire, de donner une vraie puissance à ses personnages (…) Nous avons affaire à un ouvrage passionnant où le suspense est maitenu d'un bout à l'autre.
Jean Mergeai, Vers l'Avenir.

Un auteur-témoin (…) Son roman alterne dialogues, correspondance et moments d'interrogation profonde où l'auteur révèle une grande élévation de pensée. Écrit d'une plume bien tempérée, ce livre de « santé-fiction » nourri de mots soigneusement choisis, constitue un merveilleux hymne à la vie.
Anita Nardon, SETCA-infos.

Un imposant roman d'idées, très en prise sur l'histoire immédiate, unanimiste et habité d'un souffle d'Apocalypse.
René Begon, La Wallonie.

Gérard Adam voudrait décaper toutes les impostures. Les siennes y compris. Et alors là, chapeau, Monsieur!
Albert Wayens, Le rameau vert.